La religion

L’Orthodoxie

La religion orthodoxe est une religion chrétienne orientale séparée de la religion chrétienne romaine (occidentale), ou catholique, voilà mille ans. Les orthodoxes sont estimés à près de 200 millions dans le monde :

  • en Grèce,
  • en Roumanie,
  • en Bulgarie,
  • en ex Yougoslavie
  • surtout en ex URSS où ils représentent 50%.

  Le mot orthodoxie, d’origine grecque, fait référence à la manière juste de rendre grâce à Dieu.

L ’empereur Constantin(en 330)transporte le siège de l’empire de Rome à Byzance. La nouvelle capitale, Constantinople(aujourd’hui Istanbul), devient le foyer intellectuel et religieux du christianisme oriental. Le christianisme occidental devient de plus en plus centralisé, avec à sa tête, le pape, évêque deRome.

L’empereur occupe à Constantinople une place prépondérante dans la vie de l’Eglise (convocation et présidence des grands conciles, où se définit la législation en matière de foi et de morale).

L’Orthodoxie (la «foi droite») rejette l’autorité de Rome depuis le schisme de 1054, et chacune de ses entités se caractérise par une organisation locale indépendante.

L’accumulation des divergences théologiques relatives à la procession du Saint-Esprit, à l’épiscopat, à la primauté de Rome et aux usages liturgiques aggrava l’opposition entre Constantinople et Rome.

Le cardinal Humbert déposa sur l’autel de Sainte-Sophie, à Constantinople, l’acte par lequel Rome excommuniait le patriarche de Constantinople, Michel Keroularios.

Une assemblée d’évêques, déniant au pape le droit d’intervenir sur les questions d’investiture, jetait le document romain au feu et excommuniait le cardinal Humbert.

La grande majorité des peuples slaves épousent la foi orthodoxe et se rattachent à l’Eglise d’Orient.

L’orthodoxie slave gagne la Russie. Elle adopte les pratiques des monastères grecs du mont Athos.

Le sac de Constantinople, en 1204, ne fit qu’intensifier l’hostilité de l’Église orientale à l’égard de l’Église d’Occident. Des tentatives de rapprochement se succédaient de part et d’autre.

En 1274, l’empereur d’Orient Michel VIII Paléologue fit signer, par calcul politique, une motion reconnaissant la primauté romaine (durant huit ans).

Le concile de Florence (1438-1439) proclama l’union des Églises, mais les communautés orthodoxes ne répondirent pas favorablement à cette initiative. En 1453, les Turcs s’emparaient de Constantinople et l’Église byzantine était asservie par l’Empire ottoman.

L’Eglise grecque se déstabilise au point que, l’Eglise russe devient très importante, et le patriarcat de Moscou est crée en 1589.

Devant cette puissance, le patriarcat de Moscou est censuré par le tsar Pierre le Grand en 1721.

Au 18ème siècle, les Eglises grecques et russes reprennent contact. Sous le règne de la Grande Catherine, l’Eglise russe et l’Etat sont en bonne relation. Cela durera jusqu’à 1917. Jusqu’en 1990, la religion orthodoxe fait l’objet de répression.

Le fossé va grandissant entre l’Orient et l’Occident (après Vatican I), où l’infaillibilité du pape fut définie. A partir du concile Vatican II (1962-1965) il s’esquissa une nouvelle tendance au rapprochement :

En 1964, le patriarche Athënagoras et le pape Paul VI décidèrent de lever les anathèmes réciproques lancés en 1054.

L’Orient chrétien refuse l’autorité juridictionnelle suprême du pape, (faite par le concile Vatican I) comme «infaillible» et «docteur suprême de la Vérité». Il admet sa primauté d’honneur. La conception orthodoxe en matière d’infaillibilité de foi, de dogme et de morale repose sur le concile œcuménique et local.

Seule une telle assemblée d’évêques –une instance collégiale donc– peut engager définitivement la foi de toute l’Église.

L’Orient prend conscience des différences doctrinales existant entre les deux traditions :

  • Pour une seule,  les conciles œcuméniques sont habilités à définir la foi ;
  • Selon l’autre, en vigueur à Rome, une foi complémentaire de celle des conciles peut être définie par le pape.

L’Église orthodoxe confesse que l’Esprit saint procède seulement du Père par le Fils, contrairement à l’Église catholique romaine, qui, au VIIIe siècle, (sous le pape Léon III) sans consulter l’Église byzantine, introduisit la foi en l’Esprit procédant à la fois du Père et du Fils : filioque.

L’Église orthodoxe est une communion d’Églises indépendantes sur le plan de l’organisation et de la discipline ; elles sont intimement liées entre elles sur le plan dogmatique. Chacune d’elle est autocéphale (dirigée par son propre synode habilité à choisir son primat). Elles peuvent avoir compétence sur d’autres Eglises dites seulement autonomes parce qu’elles ne désignent pas seules leur primat.

Le cycle des offices religieux correspond à celui de l’Église catholique. Dans les paroisses, la liturgie est célébrée en général chaque dimanche et les jours de grandes fêtes. Elles partagent toutes une foi commune, des principes communs de politique et d’organisation religieuse ainsi qu’une tradition liturgique commune. Outre les langues employées lors du culte, seules des traditions mineures diffèrent en fonction des pays. Les évêques, primats à la tête de ces Églises autonomes, peuvent être appelés patriarches ou archevêques. Ces primats président les synodes épiscopaux qui, dans chaque Église, constituent l’autorité canonique, doctrinale et administrative la plus élevée.

L’Église orthodoxe se comprend comme l’Église chrétienne «des origines, y compris la catholique romaine». Une Église orthodoxe conçoit aussi tous les chrétiens comme partie intégrante de sa patrie spirituelle. Elle voit s’ouvrir des Églises parallèles. L’évangélisation catholique s’insérant en milieu orthodoxe est une surprise.

Les Églises orthodoxes, pour la plupart d’entre elles, sont membres du Conseil œcuménique des Églises, qu’elles ont rejoint en 1961. Elles entretiennent aussi, un dialogue œcuménique avec l’Église catholique romaine.

Contrairement aux Églises occidentales, dans les Églises orthodoxes la plupart des théologies sont très traditionnelles. L’enseignement est en grande partie entre les mains de l’ Église. On voit cependant de nombreux laïcs théologiens et de nombreux prêtres ne pas l’être.

Il existe, entre les différentes Églises orthodoxes, une hiérarchie honorifique, déterminée en fonction de l’histoire plutôt que par leur force numérique actuelle.

Dans la liturgie orthodoxe, le signe de croix se pratique selon un mouvement de droite à gauche : front, Poitrine, épaule droite, épaule gauche.

Le pouce, l’index et le majeur sont liés pour représenter la trinité, tandis que l’annulaire et l’auriculaire sont repliés dans la paume pour signifier le dogme de la double nature de Jésus Christ (Dieu et Homme).

Rites et pratiques

Le rite orthodoxe met les fidèles en condition de grande réceptivité dans une atmosphère mystique, associant prières répétitives, jeux de lumière des cierges et candélabres, et symbolique des icônes. Un courant mystique propre aux moines du Mont Athos, (12ème siècle), appelé hésychasme (« repos »), est toujours pratiqué. Il est associé à des textes mystiques du 4ème au 15ème siècle rassemblés sous le titre de Philocalia (« l’amour de ce qui est beau »). La pratique consiste en une suite ininterrompue de prières et d’invocations du nom de Jésus-Christ.

Les manifestations les plus importantes au cours d’une année sont:

  • Le cycle de Pâques, (10 semaines avant Pâques au dimanche après Pentecôte) (Toussaint orthodoxe),
  • L’Octoèque (pendant 8 semaines) après Pâques
  • Le cycle des fêtes fixes, variable suivant les pays.
 
 

Les icônes

Les icônes, qui ont été au centre du schisme, sont porteuses de message. Ce sont des portraits représentant le plus souvent Jésus et Marie. L’expression des personnages et les symboles représentés ont pour but d’amener à la prière et la contemplation. Ces tableaux d’art byzantin étaient réalisés par des moines dans la prière, le jeûne et l’inspiration. Ces Icones sont écrites lors de leurs créations.

Les Sacrements

Les Églises orthodoxes connaissent sept sacrements plus exactement nommés mystères :

  • le baptême, pratiqué par immersion totale dans l’eau à trois reprises
  • La Chrismation soit l’onction avec le Saint Chrême (qui correspond à la Confirmation catholique romain mais est administrée dans l’Église orthodoxe immédiatement après le baptême),
  •  l’eucharistie (donnée la première fois également directement après le baptême),
  •  la confession (réconciliation ou pardon),
  •  l’ordination,
  •  le mariage
  •  le sacrement des malades ou onction des malades
  •  (tout comme dans l’Église catholique, ce sacrement n’est pas réservé aux mourants)

Les 7 sacrements sont identiques à ceux de l’Église catholique romaine, mais dans l’Église Orthodoxe, ils ne sont pas fixés dogmatiquement comme cela se produisit dans l’Église catholique romaine.

Différences avec l’Église Catholique Romaine

L’Église orthodoxe autorise l’ordination des hommes mariés. (si les prêtres sont mariés c’est parce qu’ils l’étaient avant leur ordination) Le prêtre orthodoxe n’a,  en fait,  pas le droit de divorcer ni de se remarier. Le prêtre,  s’il est ordonné alors qu’il est célibataire,  reste célibataire toute sa vie. Les prêtres veufs ne peuvent contracter de secondes noces. Les évêques qui sont choisis, sont  toujours choisis parmi le clergé célibataire.

L’Église  offre  les  conditions  nécessaires  à  cet  épanouissement  de  l’homme  en  Christ,  communion  que  les  saints  réalisent  pleinement.

Les moines vivants  dans les Monastères orthodoxes font vœux d’abstinence.

À la sainte Table, c’est le Christ lui-même «qui offre et qui est offert, qui reçoit et qui distribue» comme le répète chaque liturgie.  Aucun prêtre, aucun évêque, aucun patriarche n’a le droit de s’interposer entre le Christ et la conscience du fidèle.

Si une personne est en communion de foi avec l’Église, qu’elle fasse librement la démarche d’en devenir membre et cette démarche sera scellée par la communion eucharistique.

La foi orthodoxe

JE CROIS EN UN SEUL DIEU, LE PÈRE TOUT-PUISSANT, CRÉATEUR DU CIEL ET DE LA TERRE, ET DE TOUTES LES CHOSES VISIBLES ET INVISIBLES.

Nous  confessons qu’il  y  a  un  principe  immatériel  et  infini,  source  et  plénitude  de  l’être,  et  ce  principe  nous  l’appelons  Dieu.

Je  suis  celui  qui  suis (Ex 3,14).
Je  suis  l’alpha  et  l’oméga,  le  premier  et  le  dernier (Ap 1,8;18).

Source et plénitude de l’être, Dieu est aussi la source et la plénitude de toute perfection morale, et, comme toute perfection aboutit à l’amour, c’est en ces termes d’amour que nous pouvons mieux concevoir Dieu : Dieu est amour (1 Jn 4,16).

Personne n’a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous (1 Jn 4,12). Il ne faut donc pas concevoir Dieu comme une sorte d’homme ou de surhomme, mais comme un principe spirituel, comme l’Amour infini.

Dieu a créé «le ciel et la terre», c’est-à-dire l’univers entier, tout ce qui existe. Créer doit être pris ici dans un sens tout spirituel et spécial. La matière, la vie, l’esprit sont des formes de l’être ; c’est de l’être communiqué, donné par Dieu, lequel est la source de tout être.

La création par Dieu n’est pas une sorte de fabrication matérielle : elle est un acte intérieur de Dieu, elle se passe dans la conscience divine.

Nous sommes en Dieu sans nous confondre avec Dieu : il est l’être qui se donne, et nous sommes l’être reçu. En lui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes (Ac 17,28). Dieu a créé par amour. Il aime et crée par le même acte.

Dieu a fait l’homme intelligent et libre pour que l’homme à son tour pût aimer. Tous les phénomènes de l’univers sont une manifestation d’activité divine. Il n’y a pas, sur ce point, de contradiction entre la science et la foi.

La foi en la création n’est pas attachée à telle ou telle théorie cosmologique. C’est à la science qu’il appartient d’examiner librement des problèmes tels que l’âge de notre planète, la formation du système solaire, la genèse et l’évolution des espèces vivantes.

Quels que soient les résultats atteints par la recherche scientifique, ces résultats ne peuvent aller contre notre foi. Celle-ci se borne à affirmer que Dieu-Amour est l’origine, le sens, et la fin de tout ce qui existe.

L’activité créatrice de Dieu ne s’exprime-t-elle que par l’univers visible et les êtres vivants qui le peuplent ?  Nous n’avons pas le droit de la restreindre ainsi.

D’une part, la tradition hébraïque, suivie par la tradition chrétienne, nous parle d’êtres immatériels qui sont les ministres de la bonté et de l’amour divin : les «anges», d’autre part, ces mêmes traditions objectivent et personnifient la puissance des ténèbres dans certains esprits mauvais.

Comme  nous  le  voyons, le  symbole  de Nicée-Constantinople ne précise rien à ce sujet, mais confesse, outre les «choses visibles», l’existence des «choses invisibles».

Les prophètes hébreux, et surtout le Christ lui-même, nous ont appris à considérer Dieu comme un Père avec lequel chacun de nous peut entretenir une relation personnelle et vivante : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait(Mt 5,48).

Ce s rapports  avec  notre  Dieu  et  notre  Père  ont  reçu  leur  plus  haute  expression  dans  la  prière  que  Jésus  Christ  nous  a  enseignée :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnes nous aujourd’hui notre pain substantiel, remets nous nos dettes comme nous remettons aussi à nos débiteurs, et ne nous soumets pas à l’épreuve, mais délivres nous du malin (Mt 6,9-13).

 

Et en un seul seigneur jésus christ, fils unique de dieu, né du père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai dieu de vrai dieu, engendré non créé, consubstantiel au père, par qui tout a été fait.

 

Le Père se fait connaître à nous par son Fils. Nous sommes tous des fils de Dieu, mais quelqu’un est «le» Fils de Dieu, dans un sens unique et exceptionnel. Ce Fils, ce médiateur n’a pas été créé ou adopté. Il procède du Père par naissance spirituelle. Celui qui nous appelons Fils, c’est la Parole, le Verbe ou la Pensée éternelle du Père : Au commencement étaient la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie (Jn 1,1-4). La Parole de Dieu est pour nous «le Seigneur», le maître, le guide suprême, la Lumière. Cette lumière, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme… À tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu (Jn 1,9-12).

La Parole de Dieu n’est pas une abstraction, mais une réalité vivante. Elle s’est montrée à nous sous une forme humaine et réelle, en la personne de Jésus de Nazareth, que nous appelons Christ («oint ») et Messie («envoyé»).

La conscience chrétienne, des premiers siècles s’est efforcée de préciser, dans le langage de la métaphysique grecque d’alors, les rapports du Père et de Jésus. Puisque Jésus est l’incarnation de la Parole de Dieu, l’expression et la manifestation du Père, puisqu’en lui seul nous saisissons le Père (Celui qui m’a vu a vu le Père (Jn 14,9)), l’Église confesse que Jésus, le Fils, est «consubstantiel au Père»; et, tout en proclamant qu’il est vrai homme, elle l’adore comme vrai Dieu : qui pour nous, hommes, et pour notre salut est descendu des cieux, s’est incarné de l’esprit saint et de la vierge marie, et s’est fait homme. Et la Parole a été fait chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité (Jn 1,14).

 

C’est cette union de la Parole de Dieu avec une nature humaine, en la personne de Jésus, que nous appelons le mystère de l’Incarnation.

Traduisant en termes humains ce mystère ineffable, qui dépasse la pensée théologique et philosophique comme il échappe à l’investigation historique et, voulant exprimer l’intuition profonde, éprouvée par la conscience chrétienne, d’une pureté unique qui entoure la venue parmi nous du Fils de Dieu, l’Église professe que la naissance du Christ fait exception aux conditions ordinaires de la vie de la chair, et elle a formulé la doctrine de la «conception virginale» par l’opération du «souffle» divin ou «Saint-Esprit».

La Parole s’est faite chair «pour nous et pour notre salut». En effet, le plan divin avait été profondément troublé. L’humanité, usant de sa liberté, s’était détournée du Dieu-Amour pour suivre les voies du bonheur égoïste. Cette infidélité première, ce «péché originel», avait introduit dans le monde la souffrance et la mort, tant physiques que spirituelles. Il fallait vaincre le mal, réconcilier ce qui était séparé, sauver ce qui était perdu. Il fallait diviniser la nature humaine.

Telle était l’œuvre de salut réservée à la Parole faite chair. IL a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert et a été enseveli.

L’œuvre de salut accomplie par le Christ a revêtu divers aspects. Jésus, au cours de sa vie terrestre, a surmonté la tentation. Il a guéri les âmes et les corps. Il a prêché le «royaume de Dieu» ; il appelait dans ce royaume les souffrants, les pauvres, les persécutés, les purs de cœur. Il enseignait que le «royaume» consiste dans la réalisation de ce double précepte : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même  (Lc 10,27).

Et il disait lui-même ce que aucun prophète n’avait dit auparavant : «Je suis la voie, la vérité et la vie» (Jn 14,6). En résistant à la tentation, en guérissant, en pardonnant, en annonçant la «bonne nouvelle», déjà le Christ nous sauvait.

Mais il a voulu accomplir jusques aux suprêmes exigences de son amour pour nous : Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime(Jn 15,13).

Sa mort sur la croix nous a «racheté, non dans un sens juridique ou commercial, comme si le Père réclamait une expiation sanglante du péché humain, mais parce que l’acte intérieur d’amour et d’offrande dont le crucifiement était l’expression visible,  réparait, et bien au-delà, toute révolte des hommes contre le Père et provoquait dans nos cœurs une réponse de conversion.

La croix, que Jésus a voulue pour lui-même, est devenue le signe et la condition nécessaire de toute vie chrétienne : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et me suivre (Lc 9,23). Et il est ressuscité le troisième jour selon les écritures.

Après qu’il eut souffert, il leurs apparut vivant et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu (Ac 1,3).

La conviction des disciples, que la pierre du tombeau n’avait pas enseveli à jamais leur Maître et son œuvre, est devenue la foi de toute l’Église.

Celle-ci proclame qu’il ne faut pas chercher parmi les morts celui qui est vivant (Lc 24,5).  Le fait de la Résurrection ne peut être ni démontré, ni nié sur le plan purement historique, et il ne peut même pas être pleinement «réalise» par la pensée humaine.

C’est un mystère. La réalité de ce mystère est atteinte par la foi et par l’expérience spirituelle, tant individuelle que collective. La certitude et la joie de la Résurrection sont le cœur de la piété orthodoxe :

«Christ est ressuscité des morts ! Par la mort il a vaincu la mort ; à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie» (Tropaire de Pâques).  Et il est monté aux cieux et siège à la droite du père.

Les  deux  symboles  physique s d’une  ascension  «au ciel»  et  d’une  session  à  la  droite  de  Dieu  signifient :

  • d’une part que le Christ a pris glorieusement possession de ce «royaume» qu’il a annoncé et où il nous a donné l’espoir d’entrer nous-mêmes (le royaume est la vie éternelle dans le Dieu-Amour).
  •  D’autre part, qu’il occupe dans le royaume la place unique qui, auprès du Père, est réservée au Fils : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection (Lc 3,22)et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts ; son règne n’aura point de fin.

Les Évangiles et l’Apocalypse décrivent la venue du Christ avec puissance et une grande gloire (Mt 24,30), à l’heure où vous n’y penserez pas (Mt 24,44),   et les morts furent jugés selon leurs œuvres (Ap 20,42).

Si certains détails de ces descriptions contiennent une large part de symbolisme, ce serait aller contre toute la tradition chrétienne que de voir dans le «second avènement» et le «jugement» une simple image.

Mais il ne faut pas se représenter une sorte de procès judiciaire. L’homme lui-même se juge et détermine son sort selon que, volontairement et sciemment, il s’est détourné ou approché du Dieu-Amour.

La vie éternelle ne fait que manifester le libre choix de chaque homme, inscrit dans ses sentiments et dans ses actes. Ce monde passera ; toutes choses seront faites nouvelles (Ap 21,5) ; et alors le royaume sera instauré à jamais. Et en l’esprit saint, Seigneur, qui donne la vie, qui procède du père, qui est adoré et glorifié avec le père et le fils, qui a parlé par les prophètes.

Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité… Le Consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses… Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité (Jn 14,16,26;15,13).

Cet Esprit ou «souffle» du Père, envoyé sur les hommes par le Fils, a rempli les Apôtres et continue à sanctifier ceux qui vivent dans la foi et l’amour. Nous l’appelons «Seigneur», comme le Fils, parce que lui aussi est notre maître et notre guide.

Il nous vivifie, car toute notre vie spirituelle dépend de ce «souffle». Il est la manifestation visible du Père dans les âmes, de même que le Fils a été sa manifestation extérieure et visible. On ne peut séparer le Père de sa Parole et de son Souffle ; on ne peut diviser le Dieu-Amour et scinder en lui le principe transcendant (le Père), la révélation objective (le Fils), l’action immanente (l’Esprit).

C’est pourquoi le Père, le Fils et l’Esprit sont conjointement «adorés et glorifiés», comme étant une même essence divine en trois hypostases ou sujets.

Cette formulation théologique est due aux premiers conciles, qui, sous le nom de Sainte Trinité, ont essayé d’exprimer le mystère du Père qui se manifeste à nos yeux par son Fils et vivant dans nos âmes par son Esprit.

L’Esprit Saint a «parlé par les prophètes». Nous entendons par là que les saintes Écritures, les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, ont été rédigées par les hommes sous l’inspiration divine.

Cette inspiration porte sur le contenu religieux et moral de la Bible. Elle ne confère pas aux écrivains des livres sacrés aucune infaillibilité en chronologie, histoire, cosmographie etc., matières où ils ont partagé les idées de leur temps.

La Bible constitue une préparation pédagogique progressive à la venue du Christ et au règne de l’Esprit. On peut dire qu’une préparation parallèle s’opérait dans les nations païennes par certains progrès de la pensée, de sorte que Dieu n’a laissé aucun peuple dénué de toute lumière.

On a le droit d’appliquer les méthodes critiques de l’histoire et de la philologie, avec la pleine liberté qu’exige la science, à tout ce qui, dans la Bible, est susceptible d’une vérification de fait, d’une constatation positive.

Mais le contenu spirituel des saintes Écritures ne relève d’aucune interprétation particulière. Son interprétation appartient à l’Église, parlant sous l’action de l’Esprit : en l’Eglise, Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

Le mot «Église» signifie «rassemblement» et «élection». Chaque communauté chrétienne primitive se nommait «assemblée d’élus» ou «église». La totalité des croyants formait l’Église, au sens général, en non plus local et particulier, de ce mot.

Les Apôtres déjà se préoccupaient d’organiser solidement les communautés chrétiennes. Les communautés de l’âge apostolique présentaient les mêmes traits généraux que les communautés chrétiennes modernes : chacune était un groupe de «fidèles», persévérant dans la doctrine des Apôtres, la fraction du pain et la prière (Ac 2,42), sous la présidence d’un intendant (épiskopos, «évêque»), entouré d’anciens (presbyteroi, «prêtres») et de serviteurs (diakonoi, «diacres»).

Ces fonctions subsistent toujours parmi nous. Mais il ne faut pas concevoir cette échelle de fonctions ou hiérarchie comme constituant une autorité extérieure, transcendante au corps des fidèles. Il n’y a dans l’Église aucune autorité «extérieure». Un concile œcuménique lui-même, groupant tous les évêques, n’est que l’expression de la conscience religieuse des fidèles en un temps donné et il ne devient une norme que dans la mesure où cette conscience l’accepte.

L’infaillibilité est immanente à l’unanimité des fidèles ; la révélation de la vérité est une réponse à notre amour fraternel.

C’est pourquoi la tradition «orthodoxe» -celle à laquelle nous nous rattachons- n’admet ni les doctrines romanes sur l’autorité dans l’Église et en particulier sur le pouvoir du Pape, ni certaines conceptions protestantes d’après lesquelles la recherche et la découverte de la vérité religieuse seraient choses purement individuelles.

Outre la prière privée, la relation personnelle et intérieure à Dieu, il y a la prière en commun, la sancti-fication collective qui s’opère au sein de la communauté. De là les formes extérieures, les rites, qui n’ont d’ailleurs rien d’absolu, mais sont soumis à une évolution historique.

La tradition orthodoxe professe qu’une communion existe entre les saints glorifiés et nous-mêmes ; nous ne les adorons pas, mais nous pouvons nous adresser à Dieu par leurs prières et nous recommander à leur inter-cession.

En vénérant la mémoire de Marie, Mère du Seigneur, celle des Apôtres, des martyrs et des autres saints, en honorant leurs images et leurs reliques, c’est à Dieu, qui s’est manifesté en eux, que l’on rend hommage : ce n’est donc pas une idolâtrie.

La vie collective de la communauté chrétienne s’exprime surtout par les «mystères», symboles matériels efficaces au moyen desquels nous participons aux dons divins, non d’une manière mécanique ou magique, mais à condition que l’esprit humain assimile ces dons par la foi et l’amour.

Le mystère central, le mystère même de l’Église et de son unité, est le «mystère de la cène» ou eucharistie : mangeant le pain rompu et buvant la coupe de vin sur lesquels l’Église a prié, nous communions, d’une manière non charnelle, mais réelle, au corps et au sang du Christ, au sacrifice de sa mort, et à tous nos frères et sœurs qui sont ses membres.

 

Le mariage chrétien indissoluble, par lequel deux êtres forment une créature nouvelle en Christ, est aussi un mystère exprimant l’unité de l’Église, un embryon d’Église.

L’Église du Christ est une et universelle ; elle s’étend à tous les hommes, à tous les temps, à tous les lieux ; sa foi est celle qui a été reçue toujours, partout, par tous ; elle ne pense et ne vit qu’unanimement : c’est ce qu’exprime le mot «catholique», qui n’est pas le monopole de la confession romaine.

L’Église est sainte, non en ce sens que tous ses membres soient effectivement saints, mais parce que la sainteté est la vocation de tous et que l’Église possède et offre tous les moyens de sanctification. L’Église est apostolique, parce qu’elle se réclame de la tradition des Apôtres et parce que, par le mystère de l’imposition des mains au moyen duquel se transmet tout office pastoral, elle remonte jusqu’à eux.

L’Église comprend bien des hommes qui lui sont en apparence étrangers ou hostiles. Tout homme fidèle à la mesure de lumière qui lui a été donnée, participe à la grâce, à la vie du Christ, lors même qu’il ne connaîtrait pas le Christ ; ces âmes d’une pleine bonne volonté, quelles que soient leurs ignorances ou leurs négations, sont des membres invisibles de l’Église. Celle-ci déborde tout cadre visible.

Aussi ne faut-il pas concevoir l’Église comme une organisation juridique, sous le seul aspect temporel.

L’Église, dans sa plus profonde réalité, est, selon les paroles de Paul, le corps du Christ (1 Co 12,27), et selon l’Apocalypse, l’épouse du Christ (Ap 21,9).

JE CONFESSE UN SEUL BAPTÊME POUR LA RÉMISSION DES PÉCHÉS. Tout péché consiste à violer le sens divin de la vie, qui est amour.

 

Dans  la  révélation  faite  jadis aux  peuples  hébreux,  le  Décalogue  indiquait  quels  étaient  les  péchés, en  énonçant  les  prescriptions  positives  suivantes : adorer Dieu seul ; ne point prendre son Nom en vain ; observer les jours de sanctification ; honorer le père et la mère ; ne point tuer ; ne point dérober ; ne point commettre adultère  ; ne point porter de faux témoignage ; ne point convoiter.

L’Apôtre  Jean  rattache  tout  péché  à  l’une  des  trois  «concupiscences»désirs de la chair, désirs de possession, orgueil (1 Jn 2,16).

Ce  sont  trois  formes  d’égoïsme,  d’affirmation  du  moi  séparé  de  Dieu.  Tous  ceux-là  pèchent,  qui,  soit  en pensée,  soit en  parole,  soit en acte, violent  le  précepte du Christ : aimer Dieu de tout son cœur ; aimer son prochain comme soi-même (Lc 10,27).

Le pécheur ne peut redevenir juste par ses propres mérites ou par ses œuvres (prière, miséricorde, ascèse etc.), quoique les œuvres soient un signe nécessaire de justification. Il est justifié gratuitement par la participation à la vie du Christ : Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2,20). Mais il faut mourir au péché –que ce soit notre péché volontaire et conscient, ou la faute originelle dont nous sommes, non coupables, mais solidaires– et naître à la vie nouvelle en Christ.

Le mystère du baptême est le signe efficace de cette nouvelle naissance : Si quelqu’un ne naît de l’eau et de l’Esprit, il ne peur entrer dans le Royaume de Dieu… Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant… (Jn 3,5; Ma 28,19). Ce n’est point que l’eau ait un pouvoir magique ; mais le baptême d’eau auquel Jésus s’était soumis lui-même auprès de Jean le Baptiste était un symbole de pénitence et de purification, et Jésus veut marquer que l’on ne peut recevoir le baptême de l’Esprit si l’on n’a reçu préalablement le baptême de pénitence. Le baptême est le signe extérieur nécessaire de l’appartenance à l’Église ; mais, nous l’avons dit, l’Église a aussi des membres invisibles qui n’ont pas reçu le baptême de l’eau.

En accordant sa grâce, Dieu n’est limité par aucune condition matérielle. Selon l’ancienne tradition de l’Église, le mystère du «don du Saint Esprit», renouvellement de la grâce de la Pentecôte, est lié au baptême et se confère aussitôt après, sous la forme d’une onction, le «mystère de la chrismation».

La vie en Christ, reçue au baptême, peut se perdre par des péchés ultérieurs. Le pécheur peut alors (et chaque fois) se purifier par un nouveau baptême, non plus d’eau, mais d’esprit, qui est le «mystère de la pénitence». C’est le mystère du pardon divin accordé à la repentance du cœur, comme l’Évangile nous en offre des exemples.

D’après la discipline orthodoxe actuelle, le mystère de la pénitence, en sa forme extérieure, suppose la confession de ses fautes graves faite devant un ministre de l’Église délégué par celle-ci (devant un ministre et non à un ministre, car la confession s’adresse à Christ, et le ministre n’est qu’un témoin), puis l’absolution donnée au nom du Christ par le ministre mandataire de l’Église.

Enfin, un autre mystère qui remet les péchés est celui de «l’onction des malades», conformément aux paroles de l’Apôtre Jacques :

Si quelqu’un est malade parmi vous, qu’il appelle les anciens de l’Église et qu’ils prient sur lui, l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et, s’il a commis des péchés, ils lui seront remis. (Jc 5,4-5).

Nous confessons un seul baptême, car il n’y a qu’un baptême et qu’une rémission des péchés : le baptême et la rémission institués par Christ. J’attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir.

Si dans cette vie seulement, nous espérons en Christ, nous sommes plus misérables que tous les hommes. Mais maintenant Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui dorment. Comme en effet, la mort est venue par un homme, ainsi, par un homme, la résurrection des morts. Car, de même qu’en Adam tous sont morts, ainsi, en Christ, tous seront vivifiés… Le dernier ennemi sera détruit : la mort (1 Co 15,20,22,26).

 Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite :

Venez, les bénis de mon Père ; héritez du royaume qui vous a été préparé depuis la création du monde (Ma 24,34). Bien-aimés, nous sommes maintenant les enfants de Dieu, et, ce que nous serons, n’a pas encore été manifesté. Nous savons que, quand cela apparaîtra, nous serons semblables à Dieu, car nous le verrons tel qu’il est (1 Jn 3,2).

Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa gauche :

Retirez-vous de moi, maudits, dans le feu éternel (Ma 24,41). Hors d’ici les chiens, les empoisonneurs, les impudiques, les serviteurs des idoles, et quiconque aime et fait le mensonge… Et celui qui n’a pas été trouvé inscrit dans le livre de vie a été envoyé dans l’étang de feu (Ap 22,15 ; 20,15).

Nous entrevoyons, quoique comme au travers d’un voile, ce que pourra être pour ceux qui se tiennent à la droite du roi -ceux qui ont cherché le royaume de Dieu- la vie du siècle à venir.

Il nous est plus difficile de nous représenter le sort de ceux qui meurent, par leur propre choix, séparés de Dieu. Nous l’avons déjà dit : ce n’est pas Dieu qui les juge, qui les condamne. La mort, comme une conséquence logique, les fixe dans l’état qu’ils ont choisi eux-mêmes. Mais comment Dieu peut-il permettre que leur choix s’égare d’une telle manière ? La conscience religieuse moderne rejette de plus en plus l’idée d’une torture et d’un feu matériel destiné aux damnés. Mais l’idée d’une séparation éternelle d’avec Dieu et de la souffrance morale qui l’accompagne nous est-elle de beaucoup plus acceptable ? Il est vrai que, en fait, nous ne pouvons dire de personne qu’il a été ou sera damné.

Mais que, en droit, la possibilité de la damnation subsiste, ne serait-ce que comme une limite logique, n’est-ce point, pour notre confiance en la bonté du Père, une épreuve et un scandale douloureux ?

On a proposé à cette énigme des solutions diverses. On a parlé d’une annihilation des âmes pécheresses, d’une séparation radicale entre le péché (en quelque sorte ontologique) qui serait éternellement condamné et le pécheur qui serait sauvé, d’un pardon ultime qui serait accordé aux pécheurs.

Plutôt que de recourir à des hypothèses invérifiables, il vaut mieux maintenir comme des avertissements solennels les paroles de l’Évangile, sans chercher à en épuiser le sens ou à en interpréter les symboles ; il faut, d’autre part, admettre que ces paroles recouvrent un mystère, actuellement inaccessible et qui ne nous sera révélé que dans la vie éternelle ; il faut enfin nous rappeler que, si Dieu est amour, la solution du mystère ne peut être qu’une solution d’amour et que la Miséricorde infinie autorise des espérances infinies.

La tradition orthodoxe admet que les prières des fidèles vivants peuvent venir en aide aux âmes de ceux qui sont morts unis à Dieu mais incomplètement purifiés de leurs fautes.

Quand tout aura été soumis au Fils, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous.

 Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! (Ap 22,20).

Acathistes et Canons dans la liturgie et la prière orthodoxe

  Les acathistes et les canons sont deux formes typiques de la liturgie et de la prière de l’Eglise orthodoxe. Nous présentons un choix d’acathistes et de canons :

à la Sainte Trinité, à l’Esprit Saint, à la Mère de Dieu, aux Saints,

ainsi que sur le repentance, en préparation à la Sainte Communion, pour les malades et les défunts, précédés d’un magnifique Acathiste d’action de grâces, «Loué soit Dieu pour Tout ». Un court texte situant ces formes de prière dans la liturgie de l’Eglise Orthodoxe.

 Les acathistes sont généralement des compositions de louange, adressées le plus souvent au Christ, à la Mère de dieu ou à un Saint. Il existe un grand nombre d’acathistes, mais un seul figure officiellement dans la liturgie de l’Eglise Byzantine :

L’Acathiste à la Mère de Dieu.

Cette hymne magnifique est chantée aux matines du samedi de la cinquième semaine du Grand Carême, qu’on appelle couramment le «samedi de l’Acathiste». Dans la tradition grecque, cet acathiste est également chanté en quatre parties les vendredis soirs pendant le Carême. Souvent, les acathistes font partie de la piété communautaire d’une paroisse ou d’un monastère. On peut célébrer un acathiste, par exemple, avant la liturgie dominicale, ou comme supplément aux offices d’une fête particulière ou d’un saint que l’on vénère beaucoup. Le mot «acathiste» signifie qu’on ne s’assied pas, mais qu’on doit rester debout (contrairement aux «cathismes» , divisions du Psautier, où l’on peut s’asseoir pendant la récitation des psaumes).

 L’Acathiste à la Mère de Dieu sert de modèle général pour la création d’autres acathistes, bien que la forme des acathistes n’ait rien de fixe. Généralement, les acathistes sont divisés en Kondakia et iki (sing. Ikos), souvent douze de chaque. Les kondakia se présentent le plus souvent comme de courtes narrations qui se terminent par la proclamation joyeuse : «Alléluia», ou encore par un triple «Alléluia». Après une brève introduction, les iki sont constitués très souvent d’une énumération de motifs de joie chez la personne à qui l’acathiste est dédié, motifs qui se caractérisent par l’expression, «réjouis-toi…», ou par une autre formule qui devient un refrain à la fin de chaque ikos.

 Le canon est une hymne liturgique très répandue que l’on retrouve notamment aux matines et dans un certain nombre d’offices sacramentels et de prières pour diverses occasions, comme la pannychide (office pour les défunts) ou encore les molébènes (offices d’actions de grâces).

D’origine ancienne, le canon a connu une évolution complexe au fil des siècles et les canons actuels sont en fait des compositions simplifiées par rapport aux canons anciens. Le canon actuel est divisé en neuf odes, dont la deuxième est généralement omise. Ils sont composés d’un hirmos, le plus souvent chanté, d’un certain nombre de tropaires, et ils se terminent par un théotokion (chant à la Mère de Dieu). A l’origine les tropaires étaient intercalés entre les versets de neuf odes bibliques, mais de nos jours, on ne chante plus les odes scripturaires que pendant le Grand Carême. L’hirmos évoque souvent l’ode biblique correspondante. Les matines peuvent comprendre jusqu’à quatre canons. Le plus long canon intégré à la liturgie est le Grand canon de Saint André de Crète, lu ou chanté en quatre parties pendant la première semaine du grand Carême et repris en entier le jeudi de la cinquième semaine. On utilise aussi le mot «canon» pour désigner d’autres textes liturgiques, par exemple le canon eucharistique (ou anaphore) de la Divine Liturgie.

 

Communiqué

Le Conseil des évêques orthodoxes d’Europe, où siègent les évêques originaires des pays constituant l’Europe relevant des patriarcats orthodoxes constitués historiquement et s’assurant d’une mutuelle reconnaissance, communique ce qui suit :

 1. L’Eglise orthodoxe confesse une unité doctrinale et sacramentelle, qui se manifeste de façon ininterrompue depuis son origine jusqu’à aujourd’hui, dans la fidélité à la foi er apostolique. Ceci s’exprime par sa théologie, son ecclésiologie et sa Tradition, dans la nature conciliaire de son organisation.

2. L’ecclésiologie orthodoxe est une ecclésiologie de communion. Ainsi, autour de son évêque, chaque église locale constitue la manifestation plénière de l’Eglise universelle à condition d’être en communion avec toutes les autres dans l’unité de la foi et du calice, attestée par la « succession apostolique » et la concilia rité des évêques.

3. En ce qui concerne chaque Pays de l’Union Européenne, les Eglises orthodoxes canoniques sont représentées par tous les évêques qui sont membres du Conseil légalement constitué sous la dénomination « Conseil des évêques orthodoxes d’Europe« . Le Conseil est habilité à manifester l’unité et la canonicité de l’Eglise orthodoxe dans chaque Pays de l’Union Européenne.

 4. Notre reconnaissance atteste du statut canonique d’un évêque orthodoxe adhérent à notre Charte. Le statut canonique des Eglises orthodoxes n’est pas lié à une reconnaissance par les autres Eglises. La confusion entre canonicité et reconnaissance a amené les grandes Eglises a créer une sorte de label qui donnerait le droit d’être orthodoxe …. Cinq points n’ont de valeur que pour toutes personnes en communion avec le Conseil.

À Paris, le 26 octobre 2011.

Sa Sainteté Patriarche Nicolas

Résident de l’Assemblée du Conseil des évêques orthodoxes d’Europe

Il arrive trop souvent que nous entendions dire que certaines Eglises Orthodoxes, en dépit de leur histoire ou de leur passé religieux, sont dites « non canoniques »

Que signifie une telle expression ? Cela veut il dire que ces Eglises sont de  fausses Eglises prétendument Orthodoxes ?   Non évidemment, quoiqu’en disent certains de nos « frères canoniques ».

Le mot canonique vient du grec canon qui signifie « règles » ou un ensemble de règles éditées par les Saints Conciles traitant soit des questions touchant à la Foi de l’Église soit à l’administration, la discipline publique de l’Eglise.

Il est évident que les règles ou canons des Saints Conciles auxquels se réfère la Foi orthodoxe sont irréformables et définitivement établies. Cependant, les canons traitants des questions du gouvernement de l’Eglise, de son administration ou de sa discipline n’ont pas la même valeur.

Même si ces règles disciplinaires sont importantes pour la bonne gestion de l’ordre dans l’Eglise, ces mêmes règles n’appartiennent pas à la substance même du Christianisme et de sa Loi.

Elles peuvent être changées et parfois complètement ignorées comme le démontre de toute évidence l’histoire dans tout son ensemble. Il y a donc deux sortes de canonicité différentes :

dogmatique (touchant à la Foi de l’Eglise) et administrative (organisation interne).

 Si nous parlons d’une Eglise dite « non canonique » il est impératif de prouver que l’Eglise en question n’observe pas les Canons Orthodoxes touchant à la Sainte Foi ou qu’elle suit des pratiques qui lui sont opposées. Alors et seulement en suivant cette règle, on pourra affirmer en toute vérité qu’une Eglise n’est pas canonique.

Parmi les Eglises dites « non canoniques » il y a l’Eglise russe, hors frontière, créée pour s’opposer à la propagande communiste, le gouvernement soviétique contraignit le patriarche à dissoudre ce synode, doit-on considérer cette Eglise comme étant « non canonique ou même illégitime » depuis sa suppression arbitraire sur l’ordre du gouvernement soviétique athée et antichrétien ?

On trouve aussi les vieux calendaristes schisme de l’Eglise orthodoxe de Constantinople, de l’Eglise grecque, Roumaine ou Bulgare nés d’un refus de l’abandon du calendrier julien…Il y a aussi les orthodoxes qui refusent le « patriarcalisme exclusif » des Églises, et le nationalisme de certaines d’entre elles.

Il est donc très important de faire la différence entre les canonicités dogmatiques ou administratives, la première, dogmatique, et de loin la plus importante permet d’identifier avec certitude n’importe quelle Eglise. La seconde, administrative et disciplinaire est de moindre importance, demandant toujours des clarifications très diverses.

Très souvent les Eglise orthodoxes que l’on nomme prétendument « non canoniques » suivent avec un très grand sérieux et une piété profonde tout comme avec zèle toutes les règles de l’Eglise Orthodoxe et de sa spiritualité ainsi que les canons.

Par la nature même de l’Eglise et de son Plérôme, toutes ces Eglises sont en communion avec toutes les autres Eglises Orthodoxes. Il arrive parfois que cette communion n’est pas réalisable pour des raisons matérielles : obstacles humains, naturels, physiques, spirituels ou culturels. Il n’en reste pas moins que tous ont le même Père, Dieu et la même Mère, l’Eglise. C’est un Mystère que nous ne méditons ni ne contemplons suffisamment.

Par décision du Saint Synode du 8 octobre 2011, l’Eglise proclame à l’unanimité des évêques son autocéphalie.

Elle décide immédiatement d’élire son patriarche, en la personne du Métropolite Nicolas qui devient le premier patriarche de notre Sainte Eglise Orthodoxe Autocéphale d’Europe .

Notre Métropolie détient son autonomie pleine et entière de l’A.O.C.C (American Orthodox Catholic Church) dont le Primat est S.B † Roger de New York. Par décision du Saint Synode de Novembre et décembre 2009, l’Eglise est devenue autonome.

Notre Eglise est en intercommunion avec l’Eglise Orthodoxe Autonome d’Espagne et l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne du Mexique, et bien sur avec l’ A.O.C.C. 

Il est administré par Sa Sainteté le Patriarche Nicolas.